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© Aurore Feer |
Barbara a 26 ans et travaille dans la communication. Depuis deux ans, elle garde ses cheveux naturels. Un acte de bravoure, au royaume du défrisage, des tissages et des extensions.
« La coiffure, c’est une vraie contrainte dans notre
société. Les gens me regardent dans la rue, l’air de dire : pourquoi elle
ne se coiffe pas, celle-là ? Une fille comme moi, c’est une fille qui se
néglige. Ou une “rasta”, une rebelle.
La mère d’une amie me dit souvent : “Toi, ton mari va
te laisser si tu restes comme ça.” C’est le genre de réflexion que j’entends
presque tous les jours. Mais ça ne m’atteint pas. Ça ne me dérange pas d’être
différente. Quand mes cheveux seront longs, le regard changera.
J’ai quand même été très choquée, un jour, par la réflexion d’un cadre d’un
ministère pour lequel je venais de réaliser une campagne de
communication : “Vous trouvez votre coiffure professionnelle ?” J’ai
répondu que je ne comprenais pas qu’un intellectuel trouve plus professionnel de
mettre des résidus de pétrole sur sa tête !
Enfant, en Côte d’Ivoire, j’ai fréquenté des écoles
catholiques où nous étions obligées de nous couper les cheveux à ras. Arrivée
au Burkina à 13 ans, j’étais ravie de pouvoir me les laisser pousser. A partir
de là, je me suis souvent défrisée. Je perdais mes cheveux, mais je ne faisais
pas le lien.
Car en Afrique, il n’y a pas d’autre modèle. Les femmes ne
se posent pas la question. Même pour tisser des mèches synthétiques qui leur cacheront
entièrement le crâne, elles se font défriser ! Pourtant, les produits
utilisés sont hyper agressifs, ils contiennent de la soude et fragilisent les
cheveux. Quand on ajoute des extensions lourdes, la racine s’arrache. Beaucoup
de femmes ont les tempes et le haut du crâne complètement dégarnis. Mais elles
pensent que c’est à cause du climat.
Le pire, c’est que ça schlingue, c’est sale, ça
démange, ça donne chaud. Tu ne sais pas pourquoi tu souffres, c’est comme
ça partout autour de toi. Les filles ne savent pas qu’on peut utiliser des techniques
moins agressives, ou se faire des têtes différentes avec des cheveux crépus. C’est la conséquence de la suprématie masculine. Le gars
donne l’argent à sa copine et lui dit : “Vas te coiffer, demain on va
sortir avec mes potes.” Et elles se laissent faire. Je te jure !
Quand j’ai commencé à travailler, je faisais une coupe
courte toutes les deux semaines, et je les laissais au naturel. Jusqu’à ce que je découvre, il y a un an sur Internet, des
informations sur le mouvement nappy (contraction de natural et happy). Né aux
Etats-Unis, il rassemble des femmes qui assument leurs cheveux crépus. J’ai
compris que c’était ce qui me correspondait, j’ai eu envie de les laisser
pousser. Mais je ne savais pas comment les gérer. A un moment, je ne
ressemblais à rien, j’avais très mal quand je me peignais.
Aujourd’hui, j’ai ce qu’on appelle un « skrincage » :
le cheveu est assez long mais il se contracte, donc il paraît court. Beaucoup
de nappy détestent, mais c’est une coiffure à part entière. Quand je vais au
salon, les coiffeuses grognent parce que je suis difficile à démêler. Alors
j’emmène mon arsenal : mon vaporisateur avec un mélange d’eau et d’huile.
En Côte d’Ivoire, la communauté nappy est plus importante. Les
produits afro sont beaucoup plus faciles à trouver. Mais ils sont chers, tout
le monde ne peut pas se le permettre. Je suis allée une fois dans un salon nappy
à Abidjan, j’ai dépensé 39000 francs CFA (60 euros) !
Au Burkina, le mouvement nappy est très récent, nous ne
sommes pas nombreuses. Alors j’ai été ravie, il y a quelques mois, de découvrir
une page Facebook de filles burkinabées : Fasonappy. J’y trouve des astuces, des conseils. Ça m’intéresse
beaucoup.
J’ai aussi créé ma page Facebook, pour partager mes propres expériences. Cependant, je me retrouve pas totalement dans les positions
de certaines « nappy » qui le vivent comme une identité et semblent
totalement centrées sur leurs cheveux. Moi, j’en prends soin… Mais je ne
focalise pas toute mon attention dessus.
Aujourd’hui, des femmes croisées dans la rue, des amies me
demandent comment je m’occupe de mes cheveux, elles trouvent que c’est joli. Je
commence à sentir de l’admiration. Certaines pensent que ça coûte cher. Mais
j’y consacre peut-être 10000 francs (15 euros) par mois, alors que certaines
dépensent des fortunes en mèches à tisser.
J’essaie peu à peu de sensibiliser les femmes autour de moi.
Mais je me heurte souvent à un mur. Même si l’envie est là, l’environnement n’aide
pas. Il ne faut pas avoir peur du regard des autres. »
Je suis nappy depuis 1 an et j assume bien ma tête. Vivant au senegal ou la communauté est nombreuses j ai le choix pour les salons et les coiffures. .. je passe du long au court des tresses a l afro... difficile parfois mais si agréable. Moi par contre je le suis car je ne veux plus utiliser des pro duots toxique sur mon crâne. Contact moi si tu veux des astices et bon courage
RépondreSupprimersalut Y.habi j'ai pu découvrir le Sénégal en août dernier super beau pays et j'ai beaucoup aimé c'est vrai que la communauté nappy y est beaucoup plus présente!
Supprimerêtre nappy ne m’empêche pas de changer de tête au contraire je fais des braids twist et rajout sans trop fragiliser mes cheveux et j'aime aussi laisser mes cheveux respirer à l'air!
pour les astuces comment pourrais je refuser!
Merci d'avoir pris le temps de répondre à cet article!
Je suis Nappy au Burkina depuis bientôt 1 an et j'ai beaucoup de mal à trouver certains produits pour mes cheveux. Mais heureusement on a notre beurre de karité :)
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